La décontraction : fondement de l’éducation du cheval et du travail gymnastique

Décontraction physique et psychique s’influencent mutuellement et impactent toute la biomécanique du cheval. Saviez-vous par exemple que l’incurvation naturelle s’accentue lorsque le cheval est tendu?

Décontraction psychique : prérequis pour l’apprentissage

Dans l’éducation du cheval, tout commence par un principe fondamental : la décontraction. Elle ne se limite pas à une détente physique. Elle englobe un aspect psychique essentiel : la disponibilité mentale du cheval à apprendre.

Un cheval ne peut être pleinement réceptif à l’apprentissage que s’il se sent en sécurité. Cela passe par un environnement de travail rassurant, mais aussi – et surtout – par une relation de confiance avec l’humain.

Mais l’instant présent ne suffit pas. Pour qu’un cheval soit véritablement disponible, ses besoins physiologiques et sociaux doivent être comblés sur l’ensemble de ses 24 heures (eau à volonté, alimentation adaptée, sommeil de qualité, liberté de mouvement, repos, interactions régulières avec ses congénères, …)

Un cheval dont les besoins de base ne sont pas respectés ne pourra pas trouver un état de calme intérieur, d’éveil curieux et de concentration propice à l’apprentissage.

Décontraction physique : base du mouvement juste

Sur le plan physique, la décontraction influence directement la qualité du mouvement et la biomécanique globale. Regardons plus en détail l’effet de la décontraction sur les paramètres du mouvement que nous influençons en tant que cavaliers.

Chez le cheval la région cérébrale qui filtre et module les émotions est beaucoup plus petite que chez l’humain. Ainsi l’émotion se reflète directement dans l’attitude physique du cheval. Il y donc une relation très étroite entre l’état émotionnel du cheval et la posture. Une absence de décontraction entraîne un schéma corporel néfaste : ligne dorsale raccourcie, tête haute, dos raide, postérieurs poussant sans engagement.

Tant que ces tensions musculaires persistent, tout travail postural et de gymnastique est compromis.

Pouvoir modifier l’équilibre de manière fluide est la base d’un travail en légèreté. Un cheval tendu va se fixer dans un équilibre asymétrique, en fonction de son incurvation naturelle. (Le stress amplifie donc les symptômes de l’incurvation naturelle du cheval !)
Il sera moins capable de se s’incurver ou de transférer son poids d’une épaule à l’autre, ce qui est essentiel pour un travail en légèreté et en fluidité.

La cadence est un excellent révélateur de l’état de décontraction. Elle est régulée par des réseaux neuronaux situés dans la moelle épinière qui assurent l’alternance des contractions musculaires entre les membres antérieurs et postérieurs.

Or, ces muscles situés sur le tronc sont connectés aux muscles dorsaux. Si le dos est contracté, le mouvement rythmique est perturbé, et la cadence devient irrégulière !

La vitesse est évidemment influencée directement par l’état émotionnel (stressé ou détendu), mais la décontraction stabilise la vitesse aussi de manière indirecte : un cheval tendu a du mal à s’incurver, il va pencher vers l’intérieur du cercle et être lourd sur son épaule intérieure. Il aura alors tendance à accélérer pour neutraliser les forces centrifuges dans les virages. D’où l’importance de la décontraction pour éviter que le cheval accélère pour s’équilibrer.

La propulsion également est affectée par l’état de contraction/décontraction du cheval. Je ne comprends pas la propulsion comme la simple force de poussée des postérieurs ou comme la projection du cheval vers l’avant mais comme ce mouvement élastique, ample, énergétique et cadencé du cheval à partir des postérieurs. Il est transmis jusqu’à la nuque du cheval et elle est perçue par le cavalier comme un mouvement oscillatoire souple du dos. Mais si le dos est tendu, cette qualité de propulsion est immédiatement altérée.

La décontraction, clé du mouvement harmonieux

Équilibre, posture, cadence, vitesse, propulsion : toutes ces qualités sont interdépendantes. Elles forment les piliers du mouvement juste et léger. Mais sans la décontraction comme fondement, aucun de ces aspects ne peut pleinement s’exprimer. Travailler dans le respect du cheval, de son corps et de ses émotions, c’est commencer par là : créer les conditions pour qu’il puisse se relâcher, se concentrer, et s’exprimer avec plaisir.

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