Au-delà de la biomécanique

On lit le mot biomécanique partout, et je l’utilise aussi, dans le descriptif des stages par exemple … mais c’est un terme limité, voire trompeur car il est souvent associé à des approches respectueuses du cheval. En réalité un mouvement peut être juste d’un point de vue biomécanique sans être libre, fluide et harmonieux.
cheval trot rassembler

La biomécanique : une vision rigide du vivant

La biomécanique s’appuie sur des modèles issus de la physique : angles, leviers, chaînes musculaires, forces, vecteurs… C’est un langage mathématique et technique qui cherche à expliquer le mouvement du corps comme une somme de gestes mesurables.

Mais le problème, c’est que le corps vivant n’est pas un système mécanique figé. Le cheval n’est pas une machine. Et vouloir le comprendre uniquement à travers des analyses biomécaniques revient souvent à découper son mouvement en morceaux, à isoler les éléments… en perdant de vue l’essentiel : l’unité du corps, la fluidité, la variabilité, l’intelligence du vivant.

On lit souvent des raisonnements comme : « Dans cet exercice, les muscles X, Y, Z sont activés » pour expliquer l’utilité d’un exercice.
Mais on oublie de se poser les questions fondamentales :

Ce mouvement est-il globalement juste ? De quelle manière l’exercice doit-il être effectué pour qu’il soit bénéfique pour le cheval ?

Car ce sont en effet les nuances d’équilibre, de décontraction ou de tonicité qui comptent pour que l’exercice soit utile ou néfaste pour le cheval.

cheval expansion
cheval galop rassembler

Le vivant n’est pas une addition de pièces détachées

Thomas Myers, connu pour ses travaux sur les fascias et les lignes myofasciales, disait avec justesse :

« La biomécanique n’a pas encore produit de modèles convaincants pour des mouvements aussi fondamentaux que la marche humaine. Faire jouer un robot aux échecs est facile. Le faire marcher, non. »

Le mouvement vivant, qu’il soit équin ou humain, ne se résume pas à l’activation de muscles isolés. Il implique une coordination globale, un équilibre fin, un jeu de tensions et de relâchements, une adaptation permanente à l’environnement et à l’état intérieur du corps.

«De Motu Animalium»  de Giovanni Alfonso Borelli
Tenségrité, biotenségrité

La biotenségrité : une vision plus organique du mouvement

Les recherches récentes sur les fascias ont ouvert une nouvelle compréhension du fonctionnement corporel. Elles ont donné naissance à un autre modèle : celui de la « tenségrité » (tension + intégrité), emprunté à l’architecture.

Dans une structure tenségrale :

  • Les éléments rigides (comme les os) ne se touchent pas directement ; ils sont maintenus en suspension dans un réseau de tension élastique (les fascias).
  • Le corps devient une structure légère, stable, adaptative, où chaque force appliquée localement se répartit globalement.
  • Ce système s’autorégule, se restructure sans cesse et réagit intelligemment à toutes les contraintes mécaniques, internes ou externes.

Un cheval avec un système myofascial sain se déplace comme une structure vivante harmonieuse :

  • Il se dilate, il prend de l’ampleur ;
  • Sa posture est fière, son mouvement fluide ;
  • Ses surfaces articulaires sont libérées, les amplitudes optimisées ;
  • La circulation sanguine et lymphatique est facilitée ;
  • Et surtout : il y a absence de compression.

La « biotenségrité » semble donc être un concept plus proche de la nature et mieux adapté pour juger du caractère bénéfique d’un mouvement mais il reste toujours insuffisant.

Comprendre le mouvement, cela intègre également prendre en compte le mental du cheval et le système nerveux qui règlent les micro-adaptations, le tonus et donc la fluidité du mouvement.

Pour arriver à une équitation harmonieuse, l’étude de la biomécanique ne suffit pas, il faut développer une écoute fine du corps, une recherche d’équilibre global, une vision intégrée et respectueuse du mouvement naturel.

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